Les 3 règles pour une solidarité durable.

17 mai 2020. Le soleil brille et le déconfinement se poursuit.

Après 2 mois de confinement, la Belgique commence timidement à lever les mesures de confinement. Depuis une semaine, beaucoup de magasins ont pu rouvrir leurs portes… dont la poignée doit être régulièrement désinfectée. Demain, si tout va bien, certains enfants pourront reprendre le chemin de l’école… mais pas tous ensembles, et de préférence avec un masque. La vie reprend son cours… ou plutôt, elle s’organise avec cette nouvelle réalité: nous avons au-dessus de nos têtes une épée de Damoclès invisible. Décidément, ce foutu COVID nous aura bien changé la vie.

Pour le pire... et pour le meilleur...

Si ces deux mois ont été très difficile pour la plupart d’entre nous, tant au niveau privé que professionnel, ils ont aussi été l’occasion de voir la solidarité humaine s’exprimer. Des initiatives généreuses sont nées de toutes parts, que ce soit pour faire les courses pour les personnes âgées, coudre des masques pour le personnel soignant, ou aider les commerces à continuer leur activité d’une manière ou d’une autre. Le meilleur de l’être humain s’est une fois de plus exprimé en temps de crise.

...aussi longtemps que possible

Oui mais… La générosité humaine a ses limites, et c’est normal. Certaines de ces belles initiatives se sont essoufflées, parfois avec amertume. On comprend la colère de ces stylistes et couturier.es qui ont cousus bénévolement des masques jour et nuit, face à ces grandes enseignes de vêtements qui finissent par en vendre, parfois à prix d’or. Alors qu’eux ne demandaient rien en retour…

Or, déconfinement ou pas, la crise est loin d’être finie. Et notre société aura bien besoin de solidarité pour la traverser… Mais comment faire pour que cette solidarité soit durable? Pour nous, cela passe par 3 indispensables: que tout le monde s’y retrouve, que l’argent fasse partie du jeu, et que grandir soit possible.

Pas de solidarité sans penser à soi.

Si une action solidaire a l’ambition de durer, il est indispensable que tout le monde s’y retrouve: celui qui donne de son temps, de son talent et de son énergie doit penser à ses propres intérêts, s’il veut pouvoir tenir sur le long terme. A l’Agence Digitale Solidaire, tous nos bénévoles ont un intérêt à créer des sites ecommerce pour des commerçants, aider des indépendants à faire leur pub sur les réseaux sociaux, ou conseiller des entreprises dans leur stratégie de référencement. A côté de l’intérêt de faire le bien, ils apprennent tous les jours la pratique d’un métier en plein essor. Dans leur action solidaire, ils pensent aussi à eux. C’est sans doute ce qui explique pourquoi ils sont toujours aussi motivés qu’au premier jour.

Pas de solidarité sans parler d'argent.

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, l’argent fait partie intégrante de la manière dont notre monde fonctionne. Dans un tel monde, si une action solidaire veut s’ancrer dans la durée, elle doit faire rentrer l’argent dans la danse, notamment en faisant l’exercice de valoriser ce qu’on fait, même si on ne compte pas se faire payer.

C’est ce qui nous permet aujourd’hui de construire le futur de l’Agence Digitale Solidaire: nous avons déjà en tête la valeur monétaire de nos services, ce qui nous permettra de passer d’un modèle purement bénévoles à celui d’une coopérative qui propose des services à des prix très démocratiques.

Pas de solidarité sans vision à long terme.

De même, faire durer une action solidaire demande d’avoir très vite une vision de ce qu’on voudrait qu’elle devienne à long terme, quand le pic aigu de la crise sera passé. Cela permet d’ancrer la solidarité dans un projet qui a un avenir, et de donner un sens complémentaire à ce que l’on fait. Avoir en tête que l’Agence Digitale Solidaire aura rapidement son Académie qui permettra à son action de toucher plus de gens nous permet de continuer à rester motivé.es à construire notre projet, puisque d’emblée nous lui prévoyons un avenir. Prometteur, bien entendu.